Le match d'improvisation théâtrale - Le matchLe match d'improvisation théâtrale - equipe de France juniorsLe match d'improvisation théâtrale - Le match

Il est très compliqué d’expliquer ce qu’est un match d’improvisation à une personne qui n’en a jamais vu. Je vous propose donc de vous plonger dans le récit d’un spectateur pour appréhender un peu mieux ce que l’on ressent une fois entré dans l’antre de l’improvisation.

NOUVELLE D’UN SPECTATEUR

Lorsque j’arrive, une foule assez compacte est déjà sur le trottoir, le long du bâtiment illuminé. De chaque côté de la porte centrale, ouverte en grand vers l’intérieur du théâtre, il y a deux grandes affiches, très colorées, représentant deux personnages masqués se faisant face. Ils portent une sorte de maillot avec un numéro. Un a le sourire, l’autre pas. Dessous, en grosse lettres racoleuses s’annonce le match du jour: “France - vs - Québec”.

Je prends la file et avance doucement vers l’entrée. Après avoir payé mon billet, je m’approche de deux jeunes filles qui me semblent être là pour contrôler l’entrée. Elles m’accueillent avec un grand sourire, l’une déchire mon billet tandis que l’autre me donne, outre un petit programme sur lequel je retrouve les deux personnages masqués, une feuille cartonnée d’environ dix centimètres de côté, rouge d’un côté et blanche de l’autre, ainsi qu’une savate, sorte de mule du plus mauvais goût. Devant mon air dubitatif, une des jeunes filles m’explique que la feuille cartonnée est faite pour voter et que la “pantoufle” est à lancer quand je ne suis pas content. Plongé dans des abîmes de perplexité, j’entre néanmoins dans la salle où doit se dérouler le spectacle.

Les rangs de chaises sont déjà à moitié remplis. Chose étonnante, on n’a pas l’impression d’arriver dans l’ambiance feutrée d’une salle de théâtre. Les gens s’interpellent, parlent fort, rient en groupe. Sur la scène, dont le rideau est ouvert, trônent quelques instruments de musique, disposés là comme pour un concert. Je vais pour chercher une place et je découvre au pied de la scène un drôle de décor. Il s’agit d’une petite palissade, qui délimite un espace carré d’environ six mètres de côté, aux angles arrondis. Cette palissade épaisse semble être en bois. Elle est peinte en blanc avec sur son bord supérieur une bande rouge. Elle a une hauteur d’environ quatre vingt centimètres, et est amputée au milieu de trois de ces cotés d’un espace vide qui doit être un passage pour aller et venir de l’extérieur à l’intérieur de cette arène. De chaque coté de cet espace, il y a un banc, et entre la scène et l’arène, il y a une table avec un micro, deux chronomètres, quelques feuilles, et une boite cylindrique, montée horizontalement sur un axe. Je trouve une place, et me plonge dans le petit programme qu’on m’a remis à l’entrée. Il y a dedans quelques photos peu parlantes, et un “règlement”. Ce règlement explique brièvement le déroulement du jeu: Deux équipes, un arbitre, trois périodes de trente minutes, des improvisations mixtes ou comparées... J’apprends que l’espace de jeu s’appelle la “patinoire”. Puis je découvre une liste de fautes qui, si j’ai bien compris, peuvent être attribuées aux joueurs: cabotinage, rudesse excessive, manque d’écoute... Tout cela parait étrange et ma curiosité est à son comble: des règles, des fautes, un arbitre, des joueurs... Et le théâtre dans tout ça?

Le match d'improvisation théâtrale - Le matchEnfin la lumière s’éteint. Le public se met à crier, à applaudir, à vociférer. Je me demande où je suis. La scène s’éclaire et un musicien cravaté démarre sur un rock’n roll endiablé à la Blues Brothers. Tout le monde tape frénétiquement dans ses mains au rythme de la musique. Les projecteurs crépitent, les décibels martèlent, la salle chauffe. Je me surprends à taper moi aussi dans mes mains. La musique s’arrête et redémarre aussitôt sur “Milord” d’Edith Piaf. Les spectateurs se lèvent et se mettent tous à chanter. On se croirait à un concert. Puis le musicien repart sur un morceau qui évoque les génériques des séries télévisées. La patinoire s’allume sous un éclairage violent, et arrive en courant un personnage en smoking qui salue la foule. Il prend le micro, la musique s’arrête. Avec la fougue d’un animateur de show à l’américaine il souhaite la bienvenue au public et annonce que le match de ce soir est une affiche prestigieuse, et que nous allons vivre un moment unique. Puis il dit:

“Sans plus tarder, je vous demande d’accueillir, comme il se doit, les deux équipes pour les cinq minutes d’échauffement réglementaires et obligatoires”.

Arrivent donc en courant dans cet espace de jeu les douze joueurs et joueuses, alors que la musique reprend. Ils sont tous vêtus de pantalons de jogging noirs et d’un tee shirt aux couleurs de l’équipe ou de la ligue qu’ils représentent. Pendant cinq minutes, nous assistons à un enchaînement d’exercices de théâtre plus ou moins tournés vers le public: des images collectives, des émotions, des personnages, des jeux interactifs, le plus souvent assez dynamiques... Je regarde tout ça en essayant de suivre tout ce qu’il se passe en même temps, car les équipes s’échauffent chacune de leur côté. Entre deux exercices, les joueurs sont rappelés au bord de la patinoire par ce qui semble être le leader de l’équipe, qui tape à grands coups sur la palissade en bois. J’appris plus tard qu’il s’agissait du “coach”, qui ne joue pas, mais dirige l’équipe. C’est alors que se met à hurler une sirène, qui met fin à cet échauffement. Aussitôt, les joueurs sortent de l’espace de jeu et retournent vers les coulisses, suivis de leur coach et du maître de cérémonie. Seul, le musicien entreprend de chauffer le public avec quelques airs connus.

Puis il s’arrête, et se met à jouer la “marche funèbre”. Les lumières se tamisent et un rond de lumière éclaire le maître de cérémonie qui revient suivi de trois arbitres, habillés de maillots rayés noir et blanc comme les arbitres de hockey sur glace. Dans le haut de leur dos, il y a une bande noire sur lequel est écrit leur nom. Ils affichent un air grave. Celui du centre a en plus sur son maillot une bande orange qui entoure chaque bras au niveau des biceps. Dés qu’ils sont apparus, le public s’est mis à siffler et à huer. Ne sachant pas s’il s’agit là d’un jeu ou d’une haine véritable, je m’abstiens de faire quoi que ce soit. Puis l’arbitre principal, celui aux bandes oranges, entre dans la patinoire. Il fait le tour de l’espace de jeu en regardant le public d’un air dédaigneux. Je comprends à ce moment que ce personnage central du match d’improvisation est là pour endosser le rôle du méchant. Je me surprends soudain à siffler aussi. Le maître de cérémonie annonce le nom des trois arbitres ce qui n’a fait qu’attiser la violence des vociférations.

Une fois ce manège terminé, l’arbitre sort de l’espace de jeu et le maître de cérémonie annonce qu’il va appeler les joueurs un par un en commençant par les coachs. Puis défile alors la liste des joueurs, chacun étant aussi appelé par son numéro. A chaque nom, un joueur ou une joueuse arrive en courant en saluant le public. Tous ont un maillot de hockey sur glace, aux couleurs vives: à dominante blanche pour l’équipe des blancs et à dominante rouge pour l’équipe des rouges. Comme les arbitres, ils ont une bande en haut du dos avec leur nom. Puis un à un, ils viennent se placer dans la patinoire, en formant deux lignes; une pour chaque équipe, avec trois femmes et trois hommes. L’image est impressionnante, mais je n’arrive toujours pas à me persuader que je suis à un spectacle de théâtre, et je me demande où toute cette mise en scène va nous conduire.

Le match d'improvisation théâtrale - LIFIPuis le maître de cérémonie demande au public un silence solennel, afin que les équipes puissent “chanter leur hymne”. Dans l’élan général, je me lève aussi, et je regarde dans le public si je suis le seul à ne rien comprendre. Visiblement, tous les spectateurs jouent le jeu de la solennité. Puis les joueurs entonnent une chanson plutôt dynamique aux paroles assez drôles, qui décrivent leur condition d’improvisateur. A la fin de ce moment de lyrisme, le public acclame les joueurs qui s’embrassent les uns les autres, alors que la musique reprend. L’arbitre revient dans la patinoire en même temps que les équipes vont se placer chacune derrière un des côtés. C’est alors que les joueurs  partent dans un chorégraphie endiablée: sur le rythme de la musique ils tapent tous sur les bords de la patinoire, alternant main droite, main gauche, lançant les bras en l’air, pointant les  doigts vers les joueurs adverses... On dirait que ce ballet est réglé, comme si chaque geste avait une signification.

Soudain, la musique s’arrête, les joueurs aussi, et l’arbitre qui est au centre de l’espace de jeu lance un grand coup de sifflet. Il tient devant lui, à bout de bras, un petit carré de papier. Une fois que le silence a inondé la salle, il lit sur son bout de papier:

“Improvisation mixte, ayant pour titre: “le petit canard boiteux”. Nombre de joueurs illimité, catégorie libre, durée de l’improvisation: quatre minutes.”

Il redonne ensuite un grand coup de sifflet. Les deux équipes se regroupent alors de chaque côté pour discuter, alors que la musicien joue un air plus doux que ce qu’il avait joué depuis le début. Je ressens ce moment de concentration également du public, comme si lui aussi se préparait à rentrer dans le jeu. Certains spectateurs échangent quelques mots. Toute la salle est dans l’attente de ce qu’il va se produire. Au bout d’une vingtaine de secondes, l’arbitre se plante au milieu. Tout de suite, un joueur de chaque équipe se précipite dans l’espace de jeu. L’arbitre jette un oeil de chaque côté pour s’assurer que tout le monde est prêt. Il marque un temps de pause, et jette un regard menaçant au coach des blancs qui continue de parler à son joueur avec l’air de ne pas y toucher. Il donne un nouveau coup de sifflet et va se cacher en dessous du rebord de la patinoire.

Pendant quelques secondes, un silence pesant inonde la salle. Les deux joueurs se regardent. Le joueur rouge se rapproche du public. Sa démarche est ostensiblement marquée par un fort boitement, et son air est dépité. Le joueur blanc l’apostrophe alors et lui demande si c’est lui qui a rendez vous avec le docteur . Le joueur rouge rétorque avec un fort accent germanique qu’il revient de la guerre et qu’il a été blessé.

S’ensuit alors une histoire abracadabrante dans laquelle interviendront des anges et des motards, qui nous emmèneront d’un hôpital au paradis... Les personnages affluent, entrent et sortent de l’histoire en allant se cacher sous le rebord de la patinoire. Le public rit, acclame. Et au bout de quatre minutes qui m’ont paru bien courtes, l’arbitre réapparaît et donne un grand coup de sifflet qui met fin à l’improvisation. Les joueurs se congratulent pendant que le public les ovationne. Je suis pour ma part abasourdi par la rapidité d’imagination des joueurs, par leur verve, leur capacité à partir dans des univers aussi décalés les uns des autres. On a l’impression que tout est répété d’avance, et en même temps, on n’imagine pas un esprit assez insensé pour écrire une histoire aussi folle. J’ai le sentiment d’avoir vécu ce moment comme si j’étais à l’intérieur, et que seul le coup de sifflet de l’arbitre pouvait me ramener du rêve à la réalité.

Le match d'improvisation théâtrale - Le matchA la fin des applaudissements, l’arbitre est revenu avec ses deux assistants dans la patinoire et demande au public de voter avec le carton bicolore qui lui a été remis à l’entrée. Face rouge pour l’équipe des rouges et face blanche pour l’équipe des blancs. D’un coup la salle est remplie de centaines de carrés de couleur. Le rouge semble être la couleur dominante. L’arbitre se tourne du côté de l’assistant qui est du côté de l’équipe des rouges et lui demande en criant: “Rouge?” Ce à quoi l’assistant lui répond en hurlant: “Majorité!”. L’arbitre annonce alors: “le point est rouge!”. Le public applaudit et la musique reprend. Les joueurs reprennent leur chorégraphie, tandis que l’arbitre est parti repiocher un thème dans la boîte cylindrique qui est à côté du maître de cérémonie. Il revient au centre pour lire le thème de l’improvisation suivante.

Je comprends alors le mécanisme de ce jeu, et la manière dont s’accumulent les points. L’improvisation suivante est annoncée comme étant une improvisation comparée. Juste après les vingt secondes de concertation, l’arbitre, avant de siffler le début lance un palet, qui semble être un palet de hockey sur glace, avec une face blanche et une face rouge. Le palet retombe sur la face rouge. L’arbitre se tourne alors immédiatement vers l’équipe des rouges et demande: “Rouge?”. Ce à quoi le coach de l’équipe répond: “Rouge!”. A ce mot, les joueurs de l’équipe des rouges sautent tout de suite dans la patinoire pour s’apprêter à jouer. Je comprends que ce tirage au sort donne le choix à l’équipe désignée de commencer l’improvisation, ou de donner la main à l’équipe adverse. On sent que le jeu est différent quand les équipes jouent séparément. L’équipe des rouges propose une interprétation du thème très construite, où les personnages se répondent du tac au tac, alors qu’ils sont répartis dans tout l’espace de jeu et qu’ils ne se regardent même pas. On sent bien que les joueurs ont une grande complicité. L’équipe des blancs propose quant à elle un solo. Une joueuse fait l’improvisation toute seule, construit un univers assez poétique, et on a l’impression de rentrer dans la confidence. A la fin des deux improvisations, j’ai bien du mal à faire un choix, car j’ai vu deux choses très différentes qui sont difficilement comparables. Mais bon! Il faut voter, c’est le jeu. Je vote pour la joueuse blanche, sans vraiment réfléchir, mais en me fiant moi aussi à ma spontanéité.

Au bout de quelques improvisations, je commence à rentrer dans le jeu. Le rythme me plaît. Il faut bien dire que l’ambiance n’a pas grand chose à voir avec celle d’un théâtre. Mais au cours d’une improvisation, alors que le jeu avait un peu de mal à trouver son sens, l’arbitre sort de sa réserve et siffle dans un autre sifflet que celui qu’il utilisait jusqu’à présent, tout en faisant un geste avec ses deux mains. Tout le monde se fait surprendre. Certains spectateurs se mettent à siffler. Les joueurs marquent un temps d’arrêt puis repartent dans leur histoire. A la fin de l’improvisation, une fois que les deux équipes sont retournées sur leur banc, l’arbitre vient se planter dans la patinoire. Le maître de cérémonie annonce alors: “Au cours de cette improvisation, à  la dix septième minute, une faute de confusion a été sifflée aux deux équipes!”. A ce moment, comme un seul homme, le public se met à siffler, à hurler, et une pluie de chaussons s’abat sur l’arbitre qui reste impassible au milieu, recevant cette violence avec un air narquois. Une fois passé l’orage, les deux capitaines entrent dans la patinoire, en s’assurant que plus aucun chausson ne risque de les atteindre. Puis, s’adressant à l’arbitre, le capitaine de l’équipe des blancs demande: “Monsieur l’arbitre, pour la bonne compréhension du public et des deux équipes, pourriez vous nous donner une explication des fautes que vous avez sifflées.” Le capitaine de l’équipe des rouges rajoute simplement: “Pareil!” L’arbitre explique donc que les deux équipes n’ont pas réussi à construire ensemble quelque chose de solide et qu’à l’avenir, il faudrait qu’ils soient un peu plus à l’écoute. Je trouve qu’il a assez raison, mais je suis visiblement le seul car tout le public se remet à siffler, et que la pluie de chaussons repart de plus belle. Je vois dans les yeux de certains spectateurs une certaine jubilation teintée d’une profonde mauvaise foi. Je me dis alors que le public et ses réactions télécommandées par les impulsions de l’arbitre font vraiment partie du jeu.

Le match d'improvisation théâtrale - TairaLes improvisations s’enchaînent. Mixtes. Comparées. Il y en a une à la manière de Molière, une autre “catégorie chantée”. D’autres fautes tombent: retard de jeu, cabotinage... Durant la troisième partie, un joueur est même expulsé car il a eu deux fautes personnelles. Inutile de décrire le cataclysme revanchard que cela provoque dans le public. Enfin, la partie se termine sur la victoire de l’équipe des rouges par neuf à huit, et dans une ambiance euphorique. Tout le monde donne l’impression de nager en plein bonheur, et j’ai plus l’impression de sortir d’une finale de coupe du monde de football, que d’une première à la Comédie française. Mais la fête n’est pas terminée. Le maître de cérémonie annonce que les étoiles du match vont être remises par une illustre personnalité dont je ne connais pas le nom. Je me demande à quoi correspondent ces étoiles. “Une troisième étoile a été remise à la joueuse numéro quatre de l’équipe des blancs”. Tout le public ovationne la joueuse qui saute dans la patinoire, salue le public et va embrasser chacun des joueurs de l’équipe adverse. “La deuxième étoile est remise au joueur numéro deux de l’équipe des rouges!”. Même ovation pour le joueur qui saute à son tour dans la patinoire, salue le public et va, quant à lui, taper virilement dans les mains des joueurs de l’autre équipe. Même cérémonial pour la première étoile qui récompense donc le meilleur joueur du match, du moins du point de vue de la personnalité en question, car moi, j’aurais plutôt attribué la première étoile à la joueuse numéro quatre de l’équipe des blancs.

Pour clôturer le match, le Maître de cérémonie fait venir les deux capitaines dans la patinoire et les interviewe, un peu à la manière des commentateurs sportifs. Il leur demande à l’un et à l’autre comment s’est passé le match, comment ils se sont sentis avec l’autre équipe. Les deux capitaines répondent qu’ils ont passé un “super moment”, notamment grâce au public “nombreux et très chaleureux”. Pour finir le maître de cérémonie remercie tout le monde: le public, les techniciens lumières et son et le musicien, et souhaite bonne soirée à tout le monde. Le musicien reprend un air très connu dont je ne me souviens plus du titre pendant que tous les joueurs envahissent la patinoire pour s’embrasser.

Je mets une bonne minute avant de me décider à me lever de mon siège. Je suis abasourdi. J’ai les yeux qui pétillent et je n’arrive pas à identifier ce que je viens de vivre. Une fête? Un match? Un spectacle?... Je sors de la salle et me retrouve sur le trottoir au milieu de la foule joviale qui s’éparpille. J’ai du mal à revenir sur terre, et les lumières blafardes des lampadaires me paraissent d’un seul coup bien fades. Je ressors de ma poche le petit programme qui m’avait été donné à l’entrée pour voir la date du prochain match. Le 6 mars, dans quinze jours. Quinze jours qui vont me paraître bien longs...

© Jean Baptiste Chauvin